MESSAGE N° 2 : le 13/05/2005

Salut tout le monde,

 

« Déjà ! ? ! » Vous dîtes-vous dans un sursaut de surprise mêlé d’une saine curiosité. Eh oui, « déjà » vous réponds-je dans un mail plein de mots et de fautes de français (oui, j’anticipe, mais bon, comme ça je me couvre au cas où…). En effet, je vous écris déjà alors que mon dernier message collectif remonte à seulement cinq jours, je crois. En fait, c’est juste que j’ai Internet à disposition là où nous sommes et donc Jean profite (pourquoi se gêner ? Hein, Jean ?). C’est pas quand je serai dans les plaines ou les montagnes d’Iran (radioactivées[i] peut-être, d’ici là, par mes amis les étasuniens…) ou bien dans les prisons Birmanes (décorées et chauffées par Total) que j’aurai aussi facilement un accès au net, donc, Jean prend de l’avance.

 

Bon, je vous avais laissé à Troyes d’où nous sommes partis le jour suivant par un gris matin de mars. L’étape se déroule sans trop de problèmes. Nous longeons un grand lac, gelé sur les bords, et prenons des chemins enneigés à travers bois. Ce n’est pas spécialement un raccourci mais nous voulons profiter du vélo pour être un peu plus proche de la nature. On s’arrête au bord du lac et j’enchaîne une impressionnante série de ricochets sur la glace… Comment ça c’est de la triche ?

 

Nous poursuivons notre étape du jour pour l’achever en fin d’après-midi sous une légère pluie à Bar sur Aube.

 

Comme nous n’avons pas dormi chez des pompiers hier, la chaîne de l’hospitalité pompière[ii] est en quelque sorte brisée. Résultat, nous sommes obligés d’improviser un nouveau baratin à l’endroit du responsable de la caserne de Bar. Bien nous en prend car le bonhomme, le lieutenant Perette, est un monsieur charmant qui, comme la plupart des pompiers, apprécie le côté challenge sportif de notre voyage. Il nous accueille donc à bras ouverts dans sa caserne. Nous y passons une excellente soirée parmi les pompiers de garde et tapons même le baby foot avec certains d’entre eux pour un résultat que je préfère taire… Le lendemain, Richard et moi repartons après avoir très chaleureusement remercié nos bienfaiteurs pour leur superbe accueil.

 

 

[i] radioactivée : Participe passé employé comme adjectif. A qui l’on a donné la qualité de radioactif au moyen, notamment, de bombes atomiques. Synonyme : atomisé.

[ii] pompière : Adjectif qualificatif pompier mis au féminin… et pourquoi ça ne pourrait pas marcher. J’ai connu des pompières vous savez…

PARIS-BELFORT (MIDABLE)

En sortant de Bar, nous achetons le journal L’Est Eclair (plus de droite, paraît-il) et Libération Champagne (plus de gauche paraît-il). Ces deux journaux, outre le fait de publier une interview et une photo de nous deux, ont la particularité de publier exactement les mêmes articles avec une mise en page légèrement différente… Mais bon, il faut croire qu’on ne rigole pas avec la couleur politique par ici… Quoiqu’il en soit, nous sommes satisfaits de l’article. Il correspond à ce que nous attendions…

 

L’étape se passe pour le mieux et, vers midi, un petit enchaînement de mini événements assez sympathiques se produit. En effet, à Rennepont, près de Clairvaux (célèbre pour son abbaye et sa prison qui ne font qu’une) nous faisons la rencontre d’un monsieur qui nous offre une baguette de pain après que nous lui eussions fait savoir que nous cherchions une boulangerie. Quoiqu’il en soit la conversation se prolonge et la voisine sort afin de voir ce qu’il se passe. Elle parle avec Richard quand, soudain, le voisin arrête une voiture blanche qui passait justement par là et nous présente son conducteur. Il s’agit d’un journaliste du Journal de la Haute-Marne. Il nous propose une petite interview que nous acceptons volontiers. Une petite photo et hop ! Il est reparti. Il faut dire qu’il était déjà en retard. Entre temps, Richard me fait savoir que la voisine avec qui il discutait en aparté vient de nous inviter à manger pour le repas du midi. Nous prenons donc congé du gentil monsieur à la baguette et allons chez la voisine. Elle nous prépare un bon repas et nous questionne sur notre voyage. Elle nous parle aussi un peu de la vie de la région et du bled. Par ici, l’activité économique est assez liée à la prison de Clairvaux. Son mari en est un retraité et l’un de ses trois fils y travaille. Finalement, nous repartons le ventre bien plein en la remerciant pour le repas.

 

Dans l’après-midi, après plus de 65 kilomètres, nous sommes à Chaumont où nous nous rendons directement chez les pompiers. Comme prévu (ceux de Bar sur Aube leur ont demandé par téléphone la veille), ils nous accueillent et nous donnent même une chambre. Petite visite de la vieille ville, assez jolie, et nous rentrons à la caserne où j’assiste, après moult preuves de patience, au résumé télévisé de la victoire de la plus grande équipe de foot du monde : le Liverpool Football Club, 3 à 1 face à Leverkusen. Bref, je me couche bien content.

 

Le lendemain, direction Bourbonne-les-Bains. Quoi ? Vous ne connaissez pas ? Ben moi non plus. En même temps, à part des bains et des vieux qu’ont l’air d’avoir mangé des drogues plus que douces, il n’y a pas grand-chose. Pour les bains, je ne sais toujours pas… Mais pour les vieux, nous avons eu l’explication le lendemain. En fait, il s’agit des curistes. Non, non, pas des gens qui s’habillent en noir pour écouter des musiques bizarres et pas très gaies, mais bien des personnes âgées (oui, oui, des vieux quoi…) en cure thermale. Il paraît que ça les fatigue nous a expliqué le major Hohl. Il s’agit du responsable de la caserne des pompiers de Bourbonnes qui nous a accueillis de manière plutôt princière. Il nous fait tellement confiance qu’il nous confie même les clefs de sa toute petite caserne. Ce soir-là, il n’y a que nous dedans. Respect, non ? Et pour votre culture personnelle, je vous signale que la caserne de Bourbonnes Les Bains a la particularité de conserver l’ultime Véhicule de Secours Routiers (VSR pour les initiés…) de marque Peugeot et de modèle 504 break !!! Enorme non ?... Non ? Bon, tant pis…

 

Le lendemain, le major Hohl nous donne une photocopie de l’article (plutôt bon) paru dans le Journal de la Haute-Marne. Nous le remercions et partons en direction de Luxeuil Les Bains. En chemin, nous passons à Pouilly en Bassigny où l’on trouve la source de la Meuse. J’y ai personnellement déposé un marqueur chimique (naturel) afin de voir à quel moment il arriverait à Rotterdam. Nous avons contacté nos équipes scientifiques sur place… A suivre.

 

Nous sommes à Luxeuil relativement tôt et en profitons pour visiter la vieille ville, très jolie aussi, après nous être installés dans nos quartiers… Chez les pompiers bien sûr ! Je dois dire que les pompiers sont devenus une valeur sûre pour nous, et c’est tant mieux… Parce que de ce temps-là… (Petite neige en arrivant sur Luxeuil…). L’étape du jour fut d’ailleurs assez difficile à cause du relief et, notamment, de l’arrivée sur Luxeuil. Encore une étape de 60 kilomètres.

 

Nous mangeons le soir en compagnie des pompiers de garde qui sont très sympas. Il doivent décaler (ils sont bipés et doivent sortir en intervention pour un bras cassé… suite à un bras de fer !!!). Bref, nous affrontons au baby-foot deux de ceux qui ne sont pas partis et perdons deux manches à une… Il faut dire qu’avec un partenaire comme moi, Richard jouait un peu à un contre trois.

Le jour suivant, après les civilités et autres remerciements non pas d’usage, mais bien sincères (les pompiers nous offrent à chacun un stylo et un fanion aux couleurs de leur caserne, ce qui nous touche beaucoup), nous repartons pour Belfort où nous arrivons plus rapidement que prévu, vers 14H00. Les pompiers de Luxeuil nous avaient prévenu que ça grimpait pas mal pour aller à Belfort. Mais, finalement, les deux vraies grosses côtes se franchissent relativement bien, et les 50 kilomètres sont parcourus à une moyenne de 20 Kms à l’heure. D’ailleurs, côté vélo ça roule bien pour nous. Nous sommes toujours dans des moyennes supérieures à 20 Km/h. On peut même se vanter d’une pointe à 23 de moyenne sur les 80 kilomètres entre Provins et Troyes, le troisième jour.

 

Bref, nous sommes dans le centre ville de Belfort à 13H50, alors que nous n’avons rendez-vous avec les journalistes de L’Est Républicain qu’à 16H30. Finalement, ça se goupille bien puisque la journaliste et son photographe peuvent s’occuper de nous de suite. Une fois dans les locaux du journal, nous nous apercevons que dehors il neige à ENOOOORMMMES flocons et que nous l’avons échappé belle. Nous terminons tout de même par une photo sous la neige devant le siège du journal. Ensuite, nous nous dirigeons chez la tante et marraine de Maud (Maud, c’est la copine de Richard, vous suivez un peu ?), Marie-Odile, qui nous accueille chez elle comme des rois. Nous avons prévu de passer deux jours sur Belfort car nous ne pouvons arriver chez les gens qui nous hébergent à Mulhouse (la fille de Marie-Odile) avant lundi soir… Le dimanche se passe tranquillement sous un beau soleil printanier, à se balader sur les hauts de Belfort et dans la vieille ville (décidément les vieilles villes et nous…).

Et voilà, on est dimanche soir et demain nous repartons vers Mulhouse, pour une petite étape d’environ 45 Kms avant de nous diriger vers Freiburg, en Allemagne, où nous serons hébergés par une copine à moi. Ensuite, direction le lac de Constance et Munich.

 

Voilà pour les nouvelles. Vous voyez, je fais précis… ça ne sera peut-être pas toujours le cas… On verra bien.

 

En attendant de vos nouvelles je vous souhaite à tous un bon début de semaine… Et vive les pompiers !!! A+.

 

Yoyo

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